La Taxe tampon ?!?

La taxe tampon c'était quoi?

En Belgique, les produits de première nécessité sont taxés à 6%, alors que pour le reste, notamment les produits de luxe, la taxe est de 21%. Or, toutes les protections menstruelles étaient taxées à 21%. Cela signifiait que les tampons, les serviettes hygiéniques, et les coupes menstruelles n'étaient pas considérés comme un besoin, mais plutôt comme un luxe.

Nous avons fait pression pour que le gouvernement reconnaisse qu’avoir des règles, ce n’est pas optionnel. Par conséquent,nous avons défendu l'idée que les produits menstruels devaient au moins être taxés en tant que produits de première nécessité. Voir pas taxés du tout.

En gros, on voulait que le gouvernement cesse de se mêler de ce qui se passe dans notre utérus!

 

Mais alors? Le gouvernement il a décidé quoi?

Le gouvernement reconnaît enfin que les produits menstruels ne sont pas optionnels et qu’ils doivent être taxés comme tels. La fin de la taxe tampon représente environ 2000€ d’économies sur la vie d’une personne. Mais c’est surtout une mesure symbolique forte qui, nous l’espérons, marque la volonté d’une politique de gender mainstreaming plus large, c’est-à-dire d’une politique qui intègre une perspective de genre dans tous les domaines et à tous les niveaux.

Nous vous invitons à lire la loi sur la photo ci-dessus.

 

Et nous? On en pense quoi?

Nous l’avons répété haut et fort et nous le répéterons encore : la hiérarchisation des inégalités est contre-productive. Il n’existe pas de discrimination qui mérite d’être ignorée. En tant que collectif entièrement bénévole, nous choisissons des injustices qui nous sont accessibles - donc petites - mais sans jamais douter de leur importance. L’abolition de la #TaxeTampon est un pas en avant indéniable pour le combat féministe, qui est pourtant loin d’avoir épuisé ses revendications auprès du gouvernement belge.

Rien que dans le domaine des menstruations, les combats sont multiples. Malgré le fait que ces produits ne soient plus considérés comme des produits de luxe, leur démocratisation est loin d’être atteinte. Ils représentent un coût conséquent pour beaucoup de personnes en difficultés financières, et on pourrait se demander pourquoi ils ne seraient pas tout simplement offerts gratuitement dans les institutions scolaires, dans les prisons, dans les refuges pour personnes sdf, dans les centres de Planning Familial, voire même dans les toilettes publiques (car à l’instar du papier toilette, on ne peut pas s’en passer). Une autre problématique qui touche à ces produits est celle de la transparence de leurs composants : pourquoi n’est-il pas obligatoire pour les marques d’inscrire la composition sur les boîtes ?

 

Les combats ne manquent pas, nous invitons donc les 2300 personnes qui nous suivent régulièrement sur Facebook, ainsi que les 10 000 personnes ayant signé la pétition portée par notre collectif et par Test-Achats, à maintenir leur soutien pour Belges et Culottées.

 

Un grand merci au Ministre des Finances, à Test Achats pour le partenariat, à Georgette Sand pour le tampon géant qu’on adore, aux journalistes qui nous ont écouté·e·s, aux parlementaires qui se sont battu·e·s avec nous, à celles qui se sont battues avant nous, aux bénévoles qui se sont investi·e·s avec enthousiasme !

 

Comment on a fait?

Tout d'abord, il est important de savoir que nous avons pu compter sur l'aide de beaucoup de personnes, que nous tenons à remercier ici.

Nous avons agi en plusieurs étapes:

 

1. La création de notre collectif ainsi que le lancement de la pétition sur les réseaux sociaux. 

Nous avons créé des visuels et commencé à informer la Belgique sur la problématique. Le collectif est belge et donc bilingue (et si il y a des volontaires, pourquoi pas trilingue à l'avenir?), ce qui signifie qu'on a tenté de lancer la campagne dans les deux langues.

 

2. Nous avons contacté en masse les groupements/ activistes/ ONG féministes afin de demander leur soutien.
Cela signifie, envoyer des mails en masse et expliquer ce qu'on veut. On a donc demandé des signatures et de faire passer le message. Ce qui a marché, car la presse a repris le sujet rapidement. Ensuite, nous avons eu des contacts dans la politique. En tant que collectif apolitique, nous avons simplement voulu savoir comment mettre la taxe tampon à l'agenda. Nos rencontres et nos messages ont alors vite été transformés en proposition de loi.

3. Augmenter le nombre de signatures en concluant un partenariat avec Test-Achats.
Nous avons conclu un partenariat avec Test-Achats. Après publication d'un article dans leur magazine, il y a eu une explosion du nombre de signatures sur la pétition.

 

4. Nous avons écrit des lettres (ouais, des vraies lettres en papier!) et des e-mails à la Commission Finance.
Toute la Commission Finance a reçu une lettre et un mail afin de leur expliquer pourquoi il était important de changer les choses. La Commission Finance étant compétente en matière de taxe, était notre cible principale.

 

5. L'attente.. et puis l'annonce de la fin de la taxe... et puis l'attente...
Le 2 décembre 2016, le ministre des finances annonça la fin de la Taxe Tampon... et puis... nous on a attendu...
Nous avons encore fait pression avec Test-Achats pour que les choses bougent en contactant une fois de plus la presse..
Et puis enfin, la fin de la taxe tampon pour Janvier 2018 a été annoncée en hiver 2017!

Quelques souvenirs de notre combat...